Élevage de chevaux Appaloosa de type Foundation.
La génétique et les caractéristiques de la robe Appaloosa
Génétique 101 de la race Appaloosa
La couleur de la robe des appaloosa est assez complexe à expliquer et même les experts en la matière n'ont pas encore défini totalement tous les gènes présents et toute l'interaction entre ceux-ci. Je ne me veux pas une experte finie et ce condensé ne se veut pas exhaustif mais plutôt une bonne base pour tout néophyte axée sur mes connaissances ainsi que mes années d'expérience en tant qu'éleveur.
Qu'est-ce que la génétique??
En premier lieu expliquons d'abord quelques notions de génétique générale.
La génétique est la science qui étudie les gènes qui se trouvent dans l'ADN des cellules et qui donnent les caractéristiques, les particularités et donc l'apparence de tout individu.
Un gène est toujours présent sous forme de deux allèles que l'on représente à l'aide de lettres de l'alphabet majuscules et minuscules. La forme majuscule dénote la présence du gène et représente la forme « dominante ». Quant à la lettre minuscule, elle représente l'absence ou la forme « récessive ».
Ainsi lorsqu'un gène est dominant c'est qu'il ne nécessite qu'une des deux lettres en majuscule pour s'exprimer (apparaître). Un gène dominant peut être porteur (donc donner autre chose que ce qu'il exprime car il a une allèle cachée (minuscule)). À l'opposé le gène récessif ne peut s'exprimer que sous sa forme homozygote, c'est-à-dire que les deux allèles sont identiques (donc les deux lettres). De cette façon il ne peut jamais « cacher » une autre caractéristique que l'on ne verrait pas (porteur).
Voilà ce qui nous amène à expliquer deux mots importants soit le phénotype et le génotype. Pour faire concis et rester simple disons que le phénotype est l'apparence extérieure, donc ce que l'on voit de l'individu et donc l'expression concrète de ses gènes tandis que le génotype est l'ensemble complet des gènes existants chez ce même individu qu'ils s'expriment ou non (donc pas nécessairement apparents). Par exemple un cheval peut avoir un génotype de bai (donc avoir le gène Agouti qui représente cette couleur) mais avoir l'apparence extérieure d'un alezan, donc le phénotype d'un alezan (voir définition des couleurs de base plus loin pour comprendre la différence entre bai et alezan).
Maintenant que nous comprenons mieux les termes de cette science nous pouvons poursuivre. L'apparence d'un cheval est définie par ce qu'on appelle sa robe. Tout d'abord il faut comprendre que dans la plupart des races équines quand on parle de « robe », on fait référence uniquement à la couleur du pelage. Chez l'appaloosa (et aussi chez le PaintHorse entre autres) on doit, en plus de parler de la couleur de la robe, parler aussi de patron de celle-ci ou « pattern » comme on rencontre plus fréquemment. Il existe une variété de couleur de robes et de pattern que nous verrons plus loin.
Couleurs de la robe des chevaux
Alezan (en anglais : Chestnut, Sorrel) :
Robe et crins de couleur bruns roux. Se rencontre dans une variété de teintes allant du pâle au foncé mais se reconnaissent aisément à leur teinte unie.
Bai (en anglais Bay, Dark Bay ou Brown)
Robe et crins se déclinant dans les tons de brun roux mais cette fois les crins sont noirs ainsi que le bas des pattes (pouvant aller aussi haut que le genou/jarret).
Noir (en anglais : black)
Robe et crins de couleur noirs.
À la base, un cheval se retrouve dans une de ces trois couleurs. Par la suite l'interaction de d'autres gènes peuvent modifier l'apparence et alors nous retrouvons les couleurs diluées suivantes :
Isabelle (en anglais : Buckskin)
Robe de couleur beige plus ou moins clair - crins et bas de pattes noirs. Ce cheval est à la base de couleur bai mais l'ajout d'un gène de dilution vient modifier uniquement la couleur brune de la robe sans altérer les crins et le bas des pattes. Si ce gêne se retrouve sur une robe noire il semble ne pas vraiment intervenir en apparence et parfois on peut remarquer un noir disons un peu plus roussi ou même inaltéré et on parlera alors de « noir fumé » (smoked black)
Palomino (en anglais le même terme est utilisé)
Robe de couleur beige plus ou moins clair - crins blancs ou très pâles. Ce cheval est à la base de couleur alezan mais l'ajout d'un gène de dilution vient modifier entièrement la couleur brune (crins et robe confondus). Par contre à ce moment les crins apparaissent blanc ou très pâles par rapport à la robe.
Perlino/Cremello (en anglais les mêmes termes sont utilisés)
Robe de couleur crème très pâle pouvant presque se confondre avec la couleur blanche. Cette couleur est à la base un alezan, un noir ou un bai mais l'ajout de deux gènes de dilution (double dilution) dilue la couleur presque totalement. À ce moment la double dilution contrairement à la simple affecte non seulement la couleur de la robe mais aussi celle de la peau et des yeux. Il est alors facile d'identifier visuellement un tel spécimen car sa peau est rose entièrement et ses yeux sont bleus.
Il me faut maintenant préciser que ce que l'on appelle la couleur grise chez les chevaux n'est en fait que la disparition totale de pigmentation du pelage qui se fait sur plusieurs mois voir années et est dû à l'interaction d'un autre gène. À la naissance tout poulain gris apparaît dans une des robes précédentes. Par la suite le gène fait disparaître cette couleur et le cheval devient gris pour finalement apparaître blanc ou presque blanc à maturité. Cependant ce gène n'altère que la pigmentation du poils et non de la peau. Ainsi un cheval gris sera facilement reconnaissable d'un vrai cheval blanc (né blanc à la naissance comme nous verrons plus loin) par sa peau qui sous le poil blanc sera grise/noire.
Un gène qui intervient de façon semblable est celui du Rouan. Un cheval rouan ressemble parfois à s'y méprendre à un cheval gris au yeux d'un néophyte et parfois même aux yeux d'un connaisseur surtout lorsque le cheval est âgé. Cependant j'ai pu noter (dans l'appaloosa) que ce gène n'intervient en général que sur la partie solide de la robe et non sur la partie colorée (avec taches) (nous expliquerons plus loin dans la section pattern ce que nous entendons par solide et coloré). Par exemple vous pouvez avoir un cheval né alezan avec les fesses blanches tachetées et qui en vieillissant apparaîtra plus ou moins « grisonnant » dans sa partie alezan et conservera ses fesses blanches ainsi que les taches y apparaissant. J'ai pu remarquer, avec mon expérience, qu'en vieillissant les chevaux rouan peuvent se distinguer des gris parce qu'ils conservent souvent le bas des pattes de la couleur originelle ainsi qu'une bande de cette même couleur sur la tête au niveau du chanfrein.
Indépendamment de la couleur de base, les chevaux ont souvent des marques blanches à la tête et au bas des pattes. Ces dernières se nomment des balzanes. On les trouve dans différentes variétés de grandeurs et de formes et à ce moment on leur attribue un nom spécifique à chacun. Également les marques en tête ont elles aussi des noms différents liés à leur apparence et leur localisation. Ces caractéristiques se retrouvent dans n'importe quelle race dont l'appaloosa et n'importe quelle couleur de robe. L'objet de mon texte n'étant pas d'expliquer en détails ces particularités, vous trouverez plus de renseignements dans des manuels spécialisés.
Les gènes des couleurs représentés par des lettres
En génétique les différentes couleurs de robe des chevaux sont exprimées à l'aide de lettres de l'alphabet comme nous avons pu voir au début de ce texte. J'aimerais maintenant vous montrer quelles sont ces lettres et les couleurs qu'elles représentent ainsi que leur façon d'agir entre elles et vous permettre ainsi d'évaluer les nombreuses possibilités de couleurs lorsqu'on croise deux individus.
La couleur noire chez le cheval est représentée par la lettre « E. » Nous pouvons donc rencontrer deux types de chevaux dont le phénotype est noir mais dont le génotype est différent soit EE et Ee.
La couleur bai (gène Agouti) est représentée quant à elle par la lettre « A ». Encore ici nous retrouvons deux types de chevaux dont le phénotype est bai mais dont le génotype est différent soit AA et Aa. Bien qu'on puisse rencontrer ce gène en présence d'un cheval de couleur alezan et à ce moment ne pas le reconnaitre, on le rencontre et l'identifie plus fréquemment en présence du gène noir E auquel il est associé pour produire la couleur bai que l'on connaît. Le gène agouti fait en sorte que la couleur noire ne s'exprime pas sur tout le corps mais bien uniquement sur le bas des pattes et les crins. Ainsi si le gène A se retrouve sur un cheval alezan (qui est donc brun au complet) vous ne percevrez pas la présence de ce gène à l'oeil nu et penserez avoir affaire à un alezan alors qu'en réalité le fait de posséder ce gène le qualifie de bai. D'où la différence ici entre génotype et phénotype. Un tel cheval aurait un génotype de bai mais un phénotype d'alezan.
Ce qui m'amène à expliquer la couleur alezan qui est représentée par la lettre « e » soit l'absence du gène de couleur noire. Comme cette couleur est représentée par une lettre minuscule on comprend donc que c'est une forme récessive et que pour que la couleur alezan s'exprime on doit obligatoirement avoir deux allèles identiques soit « ee » pour que la couleur apparaisse. C'est donc uniquement sous sa forme homozygote qu'un cheval peut apparaître alezan.
Les couleurs Isabelle et Palomino sont représentées par la même combinaison de lettres puisque c'est le même gène qui agit soit « Ccr » qui agit sur l'alezan (ee) pour devenir palomino ou sur le bai (AAEe, AaEe, AAEE, AaEE) pour obtenir la couleur isabelle. Si ce même gène agit sur le noir, en apparence plus souvent qu'autrement la couleur noire ne sera pas vraiment altérée car le gène de dilution ne semble pas vraiment affecter le gène de la couleur noire mais on dira de ce cheval qu'il est noir fumé (génotype). En présence d'une double dilution, soit présence de deux Ccr donc sous sa forme homozygote « CcrCcr » le cheval sera de couleur cremello ou perlino le terme dépendant de la couleur de base sur lequel le gène agit. Le gène du gris est représenté par la lettre G et nous pouvons donc retrouver deux types d'invididus à phénotype gris soit le gris hétérozygote (Gg) qui cache une autre couleur et le gris homozygote (GG). Dans ce dernier cas peut importe que vous accoupliez n'importe quel couleur à ce cheval, le résultat sera toujours et invariablement un gris. Enfin dans un même ordre d'idée nous avons le gène du rouan qui est représenté par Rn et se retrouve aussi sous forme hétérozygote et homozygote.
En gros nous pouvons affirmer que la couleur bai est dominante sur le noir et que cette dernière est dominante sur l'alezan. Le gris et le rouan ainsi que le gène de dilution sont tous trois des gènes dominants ce qui veut dire qu'ils ne nécessitent qu'une lettre majuscule dans la séquence pour s'exprimer.
Comme le bai est dominant cela veut dire qu'il s'exprime lui aussi autant sous sa forme hétérozygote (Aa) que sous sa forme homozygote (AA). Ainsi sous sa forme hétérozygote il est porteur de noir et/ou d'alezan et peut donc engendrer des sujets noirs et/ou alezans. Le noir est aussi un gène dominant et à ce titre peut apparaître sous forme homozygote (EE) ou hétérozygote (Ee). Sous cette dernière forme le sujet sera donc porteur d'alezan (génotype) mais apparaîtra noir extérieurement (phénotype). L'alezan est la forme récessive du gène noir et conséquemment pour que la couleur alezan s'exprime les deux allèles récessives du gène de la couleur noire doivent apparaître ensemble donc sous sa forme homozygote (ee). On peut donc voir qu'il est génétiquement impossible à un alezan d'être porteur de noir! Par le fait même si on accouple deux chevaux alezans ensemble leur descendance sera uniquement composée de sujets de couleur alezan en l'absence bien entendu de d'autres gènes qui pourraient interagir et modifier l'apparence extérieure comme le gène du gris par exemple.
Voici un bref aperçu de combinaisons génétiques possibles avec les couleurs de base. Pour rester simple et faciliter la compréhension, je n'utiliserai que des combinaisons de gènes restreintes sinon les possibilités de croisement seraient trop nombreuses.
1er cas :
|
Homozygote noir
EE |
X |
Homozygote noir EE |
|
|
|
| Résultats : EE | ||
La descendance sera entièrement de couleur noire en l'absence d'autres gènes interagissant entre eux.
2e cas :
|
Hétérozygote noir
Ee |
X |
Hétérozygote noir Ea |
|
|
|
| Résultats : EE (noir), Ee (noir), eE (noir), ee (alezan) | ||
Donc 25% d'alezan et 75% de noirs dont 50% de ceux-ci porteurs d'alezan.
3e cas :
|
Alezan
ee |
X |
Alezan ee |
|
|
|
| Résultats : ee | ||
100% des descendants seront de couleur alezan.
4e cas :
|
Homozygote bai
EEAA |
X |
Homozygote bai
EEAA |
|
|
|
| Résultats : EEAA | ||
100% de la descendance est bai.
5e cas :
|
Hétérozygote bai (homozygote noir) EEAa |
X |
Hétérozygote bai (homozygote noir) EEAa |
|
|
|
| Résultats : EEAA (bai), EEAa (bai), EEaA (bai), EEaa (noir) | ||
Nous obtenons 75% de bai et 25% de noir.
6e cas :
|
Hétérozygote bai (hétérozygote noir) EeAa |
X |
Hétérozygote bai (hétérozygote noir) EeAa |
|
|
|
| Résultats : EEAA (bai), EEAa (bai), EEaA (bai), EEaa (noir), EeAA (bai), EeAa (bai), EeaA (bai), Eeaa (noir), eEAA (bai), eEAa (bai), eEaA (bai), eEaa (noir), eeAA (bai*), eeAa (bai*), eeaA (bai*), eeaa (alezan) | ||
Génotype = 75% bai mais selon phénotype nous aurions 9 sujets sur 16 de couleur bai, 3 sujets sur 16 de couleur noir et 4 sujets sur 16 de couleur alezan mais de ces 25% de couleur en apparence extérieure alezan, 3 (*) ne sont pas de vrais alezan mais bien des bai selon leur génotype mais à loeil d'un néophyte sont des alezans.
7e cas :
|
Isabelle, palomino ou noir fumé
CcrN |
X |
Isabelle, palomino ou noir fumé
CcrN |
|
|
|
| Résultats : CcrCcr (cremello ou perlino), CcrN (isabelle, palomino ou noir fumé), CcrN (isabelle, palomino ou noir fumé), NN (autre couleur de base) | ||
Descendance composée à 25% de cremello, 25% d'une autre couleur de base sans dilution donc peut-être alezan, bai, noir, etc) et 50% de isabelle, palomino ou noir fumé selon que la dilution s'effectue en ordre sur un bai, un alezan ou un noir.
8e cas :
|
Gris
Gg |
X |
Gris
Gg |
|
|
|
| Résultats : GG (gris), Gg (gris), gG (gris), gg (autre couleur de base) | ||
Descendance composée de 75% de chevaux gris et de 25% d'une autre couleur de base.
** J'aimerais apporter une précision- et c'est très important!- que la race appaloosa et le gène de couleur grise ne font pas bon ménage. Rester loin de tous chevaux gris, des vrais gris pas des rouan bien entendu car ce gène fait de toute façon partie intégrante de la race. Évitez à tout prix de croiser un cheval gris avec un appaloosa car comme expliqué précédemment le gène gris fera disparaître tout le beau « pattern » de votre ami adoré. La plupart des adeptes de la race appaloosa le sont d'abord et avant tout pour la robe caractéristique de celle-ci!
Les Patrons ou « Pattern » de la robe appaloosa
Le gène qui détermine la couleur « appaloosa » est réprésentée par les lettres LP et détermine ce qu'on appelle les patrons ou patterns dans la race. Ceux-ci sont nombreux et possèdent plusieurs dénominations différentes. Un appaloosa en l'absence de ce gène (lp) sous sa forme dominante ressemblera en couleur à n'importe quelle autre race de chevaux et on dira de sa robe à ce moment qu'elle est solide. Quand on dit d'un appaloosa qu'il est coloré, on fait allusion à sa partie « appaloosa » de sa robe. C'est cette « couleur appaloosa » qui est diverse.
En gros la façon d'interagir de ce gène est la suivante. Sous sa forme hétérozygote (LPlp) la couleur tachetée caractéristique s'exprime et sous sa forme homozygote dominante (LPLP) le fond blanc apparaît seulement avec parfois quelques taches mais très peu nombreuses ou même pas de taches du tout. Bien entendu sous sa forme homozygote récessive (lplp) le cheval n'a donc pas le gène et donc aucune apparence extérieure d'appaloosa en terme de robe uniquement car il possède tout de même la morphologie de la race.
A partir de ces informations on peut déterminer les patrons suivants :
LPlp = fond blanc tacheté
1-Si le cheval est blanc tacheté à la grandeur du corps on dira de lui qu'il est léopard.
2-Si la partie tachetée n'apparaît qu'à la croupe (fesses), on dira « couverture tachée (spotted blanket) et si cette couverture est très
étendue, par exemple recouvrant jusqu'au garrot (épaules) on pourra même dire « near léopard » ou « extended blanket ».
LPLP = fond blanc sans ou avec très peu de taches
1-Si le cheval est blanc à la grandeur du corps on dira de lui qu'il est « few spot leopard »
2-Si la partie blanche n'apparaît qu'à la croupe, on dira que c'est un « couverture blanche » (white blanket ou snowcap).Si cette même
couverture est très étendue jusqu'au garrot on pourra même parler d' « extended snowcap » ou même à la limite pourra être confondu avec un
few spot leopard.
Entre ces deux patrons plus ou moins étendus, il y a des variantes. Par exemple le cheval solide qui a hérité du gène du rouan et qui effectivement rouannera avec l'âge. Le cheval dont le fond blanc ne s'est pas complètement imposé (par l'action de d'autres gènes inconnus) et qu'on pourra appeler « floconneux ou neigeux » (snowflake) et même parfois on pourra entendre parler de léopard inversé (reverse leopard) si les taches blanches sont nombreuses et bien réparties sur un fond sombre. Ce type de patron est peu fréquent et apparaît plus souvent lorsqu'on croise une autre race avec l'appaloosa comme le Quarter horse par exemple. Si ce même patron est plutôt localisé à la croupe on entendra parler de « lacey blanket ». Il arrive parfois même que l'on distingue des taches foncées en transparence sur un fond solide en regardant de près.
Les taches elles-mêmes sont souvent de tailles et de formes variées. On retrouve des taches très petites comme de très grosses taches, des rondes, d'autres plus effilées. Certaines sont entourées d'une bande de poils rouannés et on entendra souvent le terme « peacock spot ». Certains chevaux ont des taches tellement nombreuses et si rapprochées qu'elles se confondent.
Les caractéristiques de la race
Bien entendu en lien avec ces patrons de robe, certaines particularités font partie de la race et déterminent si nous avons ou non affaire à un appaloosa. C'est ce qu'on appelle les caractéristiques de la race. Ces caractéristiques peuvent apparaître autant sur un cheval « coloré » que sur un cheval « solide » n'ayant pas à prime abord de patron appaloosa apparent et permettront alors d'identifier ce dernier comme étant bien un représentant de la race et lui permettre ainsi d'obtenir des papiers d'enregistrement de l'Appaloosa Horse Club « régulier » (sans lettre N devant le numéro).
Les caractéristiques sont les suivantes :
-peau marbrée (mottled skin) :
C'est-à-dire une peau où on dénote des zones de peau pigmentées (noires) et non pigmentées (rose). On voit généralement facilement ce type de peau sur les parties génitales et/ou autour des yeux et des naseaux/bouche.
- cornée blanche (white sclera) :
C'est vraiment caractéristique des appaloosas. L'oeil ressemble en apparence à un oeil humain en ce sens qu'on distingue nettement le blanc de loeil (cornée) en un seul regard.
- sabots striés (striped hooves) :
Ce sont des sabots striés verticalement et en alternance de bandes blanches et noires.
Enfin parfois, mais pas toujours on aura des sujets avec très peu de crins ou des crins courts (sparse mane and tail). On entend aussi souvent parler de « queue de rat » lorsque les crins sont rares et peu longs sur la queue du cheval. Parfois aussi on retrouve des marques blanches sur les pattes mais celles-ci ne touchent pas nécessairement le sabot. On dira en anglais « lightning marks).
Conclusion
Comme mentionné au début, le cheval appaloosa en plus de son patron de robe, a d'abord et avant tout une couleur de base comme n'importe quelle autre race. Ainsi si votre cheval est par exemple léopard, il apparaitra blanc mais ses taches vous permettront de déterminer sa couleur de base. Si ses taches sont rousses (brunes) sur le corps et apparaissent noires sur le bas des pattes, votre cheval est donc un bai et par conséquent un léopard bai. Parfois la couleur bai est si foncée qu'elle peut être confondue avec un noir. La seule façon scientifique et sûre pour être certaine du génotype de votre cheval est de prélever des crins avec les racines et de les envoyer tester à l'Université Davis en Californie qui est spécialisée en ce domaine et pour un coût somme toute très raisonnable. Parfois avec des « few spots leopard » ce test devient nécessaire en l'absence de taches ou de couleurs spécifiques apparentes.
La génétique de cette race de chevaux est vraiment intéressante en ce sens qu'elle offre une panoplie de dessins différents. En fait chaque appaloosa est vraiment unique.
On ne connaît pas encore toute l'interaction de chacun des gènes de couleur mais avec cette base vous pouvez déjà mieux comprendre les résultats de vos croisements et même arriver à programmer quelque peu le destin.
Vous pouvez connaître les couleurs de base résultantes de vos reproducteurs en connaissant les couleurs dominantes et récessives et en sachant si vos chevaux sont homozygotes ou non pour tels gènes.
Par exemple :
- vous éviterez de croiser deux chevaux de couleur Isabelle (buckskin) ou Palomino car vous savez que vous aurez une chance sur quatre d'avoir un cremello/perlino et que cette couleur dans les patrons appaloosa n'est pas souhaitable car les taches et le fond blanc se confondent car il n'y a pas assez de contraste.
- vous ne croiserez pas de chevaux gris avec l'appaloosa. Ce gène étant dominant simplement en voyant le cheval avec un oeil d'initié et en voyant les photos du cheval à un plus jeune âge, vous reconnaîtrez cette couleur. A défaut d'en tenir compte vous perdrez toute la robe caractéristique de la race en quelques mois ou années.
-Vous saurez que deux chevaux alezans ne peuvent donner de poulains noirs et serez à l'affût si quelqu'un essaie de vous vendre un poulain noir dont les parents sont alezans.
La liste est longue d'applications courantes et pratiques au quotidien de l'éleveur ou de tout propriétaire d'appaloosa avide de connaissances.
J'ai tenté de vulgariser quelque peu cette génétique des couleurs de la race. Il se peut que ce ne soit pas encore très clair pour vous. Ne vous gênez pas pour m'écrire et me poser plus de questions si vous le désirez. Je répondrai et tenterai de vous aider au meilleur de mes connaissances. La génétique des couleurs c'est un peu mon « dada », ma passion, alors je suis toujours ouverte à quiconque se montre intéressé...



